Le centre Galactique
Le Centre Galactique représente un laboratoire idéal pour
étudier en détail les propriétés des
étoiles et du gaz dans un environnement
complexe. Les résultats de ces études sont très
précieux car
c'est ainsi que l'on peut espérer comprendre les
mécanismes
responsables des phénomènes que l'on observe dans les
centres
galactiques proches et lointains comme ceux des noyaux actifs (NAG).
On peut résumer ainsi la morphologie présumée d'un
centre galactique à différentes échelles:
-
D < 0.01 pc: disque d'accrétion
standard.
- 0.01 pc < D < 1 pc: structure
nuageuse du disque et formation
d'étoiles.
- 1 pc < D < 10 pc: élargissement
du disque et fragmentation en nuages. Anneau de gaz et poussière
dense.
- 10 pc < D < 100 pc: nuages
géants moléculaires autour du centre galactique.
- D > 100 pc: disque galactique (structure
de barre).
Une comparaison de la morphologie du Centre Galactique avec celle
présumée des noyaux actifs de galaxie montre que tous les
ingrédients sont là pour former un NAG au coeur
de notre Galaxie:
- un trou noir central de plusieurs millions de masses solaires.
- des jeunes étoiles O/B qui produisent un champ de
rayonnement UV intense au centre.
- un disque de gaz neutre et de poussière à une
distance de ~10 pc du centre pour nourrir le trou
noir.
- des nuages moléculaires géants à une
distance de plusieurs
dizaines de pc qui constituent une réserve de gaz pour le futur.
Cependant, une des conditions les plus importantes pour un NAG,
un taux d'accrétion élevé, n'est pas remplie,
c'est à dire il n'y a pas assez de gaz qui tombe au centre. Afin
de devenir un NAG, notre Centre Galactique devrait avoir un taux
d'accrétion d'environ 0.1 masses solaires par an
.
Le taux d'accrétion dans le Centre
Galactique est à peu près un million fois plus petit.On
est donc loin de former un NAG.
Plus loin du centre, la situation est différente. La mesure des
vitesses radiales de nuages moléculaires à
des distances d'environ 100 pc a conduit à la conclusion
que le taux d'accrétion à ces distances est de l'ordre de
un centième de masse solaire par an.Cela
est un facteur 1000 plus
élevé que le taux d'accrétion
estimé autour du trou noir.
L'échelle spatiale qui est située entre ces deux
extrêmes est
celle du disque circumnucléaire (CND). La
physique du gaz dans les centres galactiques à cette
échelle n'est pas très bien connue. La théorie
standard des disques d'accrétion continus n'est plus applicable
car ces disques sont clairement constitués de nuages.
Au niveau théorique il y a eu très peu d'efforts pour
établir
une théorie cohérente de ces disques nuageux.
Néanmoins,
il y a eu quelques tentatives de modelisation et notre travail se situe
dans
cette lignée.
Nous faisons
- des modèles théorique du disque nuageux autour du centre
galactique (1-10 pc)
- des simulations numériques d'un disque nuageux au centre
galactique afin de comprendre l'interaction avec son environnement
Nous utilisons des observations
- infrarouges afin de situer les nuages moléculaires
géants lelong la ligne de visée
- radio interférométriques afin de comprendre la
dynamique du gaz
Ainsi nous espérons comprendre les mécanismes qui font
d'un centre galactique un noyau actif.

Distances le long la ligne de visée de nuages moléculaire au centre galactique. La distance 0 est celle du trou noir central qui est marquée avec une croix sur l'image. Les distances négatives sont plus proches de l'observateur. Pour la reconstruction des distances l'absorption de poussières dans l'infrarouge proche a ete utilisée. Contours: le disque circumnucléaire. On voit les 33 pc x 25 pc intérieurs de notre galaxie (Vollmer et al. 2003, 407, 515).

Simulation d'une collision d'un nuage moléculaire avec un disque circumnucléaire. Les pas de temps de la simulation sont marqués en haut de chaque boîte (Vollmer & Duschl 2002, A&A, 388, 128).