Populations stellaires de galaxies
Les étoiles d'une galaxie peuvent être décrites en termes de populations
stellaires, caractérisées chacune par son âge, sa composition
chimique, sa distribution spatiale et sa cinématique. En étudiant les
populations stellaires, nous cherchons à contraindre l'histoire
d'évolution des galaxies.
- Les âges des populations stellaires indiquent à quelles
époques passées l'activité de formation de nouvelles étoiles a été
particulièrement intense, et il convient alors de comprendre les
raisons d'une telle activité.
- La composition chimique d'une population stellaire renseigne sur
l'abondance des divers éléments du tableau périodique dans le
gaz à partir duquel ces étoiles se sont formées. Ces abondances,
en perpétuelle évolution, résultent de la nucléosynthèse dans
les coeurs des générations successives d'étoiles puis de la
dispersion des éléments chimiques nouveaux par les supernovae et les
vents. Elles sont aussi modifiées si la galaxie absorbe un nuage de gaz
intergalactique ou une galaxie satellite. L'histoire de formation d'étoiles
proposée doit rendre compte de cette évolution chimique.
- La cinématique d'une population stellaire est la
distribution des vitesses des étoiles qui la constituent. Elle est
souvent liée à leur répartition dans l'espace : ainsi par exemple,
un mouvement d'ensemble circulaire domine dans les disques minces des galaxies
spirales alors que des vitesses très dispersées caractérisent
les populations des bulbes, des halos ou des amas globulaires. Des courants
d'étoiles peuvent être le résidu d'absorption de galaxies satellites.
De façon générale, les collisions entre galaxies ont un impact
important sur la cinématique, comme sur la formation d'étoiles. De
nouveau, les modèles envisagés doivent rendre compte de ces propriétés.
Dans les galaxies proches, les étoiles peuvent être observées individuellement et l'accès aux propriétés des populations stellaires est alors
relativement direct, quoiqu'il nécessite un très grand nombre
d'observations stellaires. (Voir Le Groupe Local ).
Pour les galaxies plus distantes, seul le spectre intégré est disponible,
résultat de la superposition des émissions des diverses populations
stellaires coexistantes. Les méthodes d'investigation développées dans
l'équipe incluent:
- La synthèse de populations, c'est-à-dire la prédiction (par
simulation numérique) de populations stellaires et de leur spectre
intégré en fonction du scénario envisagé pour représenter
l'histoire galactique.

Exemple de spectre intégré de population stellaire obtenu avec PEGASE-HR, pour une métallicité solaire. La normalisation est arbitraire. L'âge de la population croît du haut vers le bas: le spectre rougit, les raies de l'hydrogène faiblissent et les raies métalliques s'approfondissennt.
- L'inversion des spectres intégrés observés, c'est-à-dire leur
décomposition optimale en contributions de populations stellaires
individuelles.
Exemple d'ajustement de spectre intégré de population stellaire par des modèes synthétiques. Noir: spectre de l'amas stellaire nucléaire de NGC300. Rouge: Ajustement par des modèles PEGASE-HR. Vert: recalibration en flux. La qualité des données et de l'ajustement permet de contraindre l'âge de cet amas à environ 2 milliards d'années.
Les objets de prédilection des membres de l'équipe sont :
- Les galaxies "starburst" (sursauts de formation d'étoiles)
- Les galaxies en interaction entre elles ou avec leur environnement
- Les amas stellaires
- Les halos et disques des galaxies spirales